«Plutôt battre un record ou gagner une course ? Gagner une course»
Depuis sa découverte de la voile, Pascal Bidégorryn'a eu de cesse d'entretenir cette flamme qui l'a mené de la Solitaire du Figaro, à la traversée de l'Atlantique Nord, en passant par la Transat Jacques-Vabre, et qui va le mener au mythique Trophée Jules-Verne. Un parcours atypique, tout au moins au départ, car loin des routes maritimes habituellement suivies pas les grands noms de la voile, loin de Port-la-Forêt, loin de «la vallée des fous» comme s'amusait à l'appeler Olivier de Kersauson. «Moi je suis sorti de Bayonne avec mon papa et des propriétaires de bateaux qui m'ont pris à leur bord, raconte Pascal Bidégorry. On s'est fait petit à petit dans notre coin. C'est peut-être aussi grâce à cela que j'arrive à apprécier la chance que j'ai de faire mon travail avec cette qualité.» Et d'ajouter : «Si j'avais commencé plus tôt j'en aurai peut être déjà marre. A un peu plus de 40 ans j'ai toujours la même flamme et la même passion qu'il y a une quinzaine d'années.»
Et pour être sûr de ne pas s'ennuyer, d'éviter la routine, Bidégorry profite de la diversité que la voile lui propose entre course au large, régates, solitaire ou équipage. «On peut tout faire, mono sur petit dériveur ou course au large comme sur la Solitaire ou le Vendée à une échelle plus importante. Du multicoque entre trois bouées, sur l'Atlantique ou le tour du monde, en solitaire ou équipage. On y trouve un plaisir, une satisfaction de s'engager. Des sensations, des impressions, des histoires, des vécus différents. C'est enrichissant en tant qu'homme.»
«Pour faire la fête : plutôt Basques ou Bretons ? Basques évidemment !»
Aujourd'hui à la tête d'un géant des mers, Maxi Banque Populaire V, et d'un équipage de onze hommes, Pascal Bidégorry admet avoir beaucoup appris auprès de Franck Cammas, concurrent sur le Trophée Jules-Verne, dont il a été équipier sur Groupama pendant trois ans : «Il m'a permis de connaître la course au large en multicoques à haut niveau (...) Cela m'a aussi permis de rentrer les deux pieds dans ce milieu, de découvrir la complexité des bateaux, leur technologie. Nous avons la même passion avec Franck pour la conception des bateaux, leur développement indépendamment de la compétition, des courses et des régates.» Mais Bidégorry temporise néanmoins : «C'est important mais j'aurai peut-être pu y arriver avec quelqu'un d'autre aussi».
«Plutôt Bayonne ou Biarritz ? P..., ça c'est dur. Les deux. Non, là je ne réponds pas.»
Et la reconnaissance dans tout ça ? En quête de défis, de sensations, de rencontres, elle lui importe peu. «On est obligé d'avoir une vitrine de nos activités sportives car nous avons des annonceurs qui donnent de l'argent pour mener à bien nos projets de bateau. Mon but avant tout est d'avoir un retour de l'annonceur et pas particulièrement de ma personne.» Pascal Bidégorry sait surtout qu'aujourd'hui, «si un marin veut être reconnu, il doit impérativement à mon sens faire le Vendée Globe». Un prochain objectif ? «Dans un an, deux ans... On verra de quoi sera fait l'avenir.» Et si la passion n'est plus là «j'irais faire autre chose. Peut-être du fromage de brebis au Pays basque, ça doit être sympa quand le fromage est bon et bien fait. Finalement, je veux juste faire les choses avec passion et bien.» - Isabelle TAILLARD (avec A. Q.)

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